ChanTier ARCTIQUE

Un observatoire scientifique de l'Arctique dont les objectifs sont de réfléchir à des méthodes de travail et trouver des moyens pour répondre aux enjeux cruciaux de l'Arctique au niveau mondial.

CONTEXTE

L’Arctique est une cible privilégiée du changement climatique qui s’y manifeste de façon particulièrement aiguë. Selon les prévisions des modèles de climat, la diminution progressive de la banquise estivale devrait conduire à sa disparition saisonnière quasi totale à une échéance de quelques décennies (Rapport AR5 du GIEC, 2007). Même si l’on anticipe des erreurs de prévision inhérente à ces modèles, l’ouverture soudaine de ce milieu jusque-là préservé aux activités humaines semble inéluctable.        
Au-delà de la cryosphère, des perturbations environnementales importantes de tous les compartiments du système climatique sont clairement mises en évidence depuis quelques décennies, avec un impact déjà visible ou attendu sur les écosystèmes marins et continentaux, la biodiversité, le cycle des gaz à effets de serre et l’ensemble des équilibres physico-chimiques continentaux, atmosphériques et océaniques (ACIA report, 2005).

Principe

Suivant les recommandations d’un rapport de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), le  Ministre de l’Enseignement supérieur et la Recherche, annonçait, le 20 novembre 2008, la mise en place d'un « observatoire scientifique de l'Arctique » dont les objectifs seraient de « réfléchir à des méthodes de travail et trouver des moyens pour répondre aux enjeux cruciaux de l'Arctique au niveau mondial ». 
La mise en œuvre d'un "chantier Arctique" a été confiée au CNRS, dont le bras armé sur ce sujet est l'Institut national des sciences de l'univers, avec le concours de l'Institut de l'écologie et de l'environnement ainsi que celui des sciences humaines.

Enjeux et mission

Un premier colloque de lancement du Chantier Arctique a eu lieu les 6 et 7 juillet 2010 à Paris et a montré à la fois la richesse des activités de recherche française en Arctique et leur diversité. Il est apparu que le manque de structuration au sein ou entre les différentes communautés provenait en partie d’un manque de lisibilité du paysage national. Face à ce constat, la mise en œuvre d’un chantier de type interdisciplinaire a été abordée, s’orientant vers des questionnements aux interfaces des communautés Océan-Atmosphère, Surfaces et Interfaces Continentales, Sciences de la Terre, Sciences du Vivant et des enjeux humains et sociétaux.
Dans le cadre de cette approche, les enjeux scientifiques sont multiples :

  • environnementaux : adaptation des écosystèmes polaires aux changements de la cryosphère, protection du milieu naturel vis-à-vis de la pollution induite par les activités humaines
  • sociétaux : adaptabilité des communautés locales au changement climatique et à la globalisation
  • économiques et politiques : contrôle stratégique des nouvelles routes maritimes, exploitation des ressources minières, évolution des zones de pêches, souveraineté sur les zones d’influence maritimes des états riverains

La mission du Chantier Arctique sera de mobiliser la communauté scientifique autour de ces disciplines et mettre en évidence une réflexion prospective faisant émerger les approches scientifiques fondamentales à considérer en Arctique. Cette réflexion devra permettre de :

  • comprendre les causes des changements climatiques et leurs répercussions sur l'environnement et la santé humaine,
  • faire face au changement climatique, en obtenant des pistes d’actions concrètes sur le plan environnemental et économique et d'en faire bénéficier la population.
Chantier arctique

Installation d'un anémomètre sur le glacier Loven Est

Crédit Photo : © AC Marlin / IPEV